Vélib'erator
Copenhague, la voie à suivre
Au mois de décembre dernier, avec l’équipe de la Fondation GoodPlanet, nous avons passé 15 jours à Copenhague, la capitale du Danemark. Après un Paris-Copenhague en autocar couchette, en 18 heures, nous avons utilisé le vélo pour nous déplacer dans le centre-ville entre l’appartement communautaire et la cinémathèque où nous organisions des projections de documentaires sur le climat et l’environnement. Le vélo était aussi de rigueur pour accéder au Bella Center, le site de la conférence des Nations-Unies sur le climat, à 7,5 km du centre-ville.
Il ne s’agissait pas d’un acte militant, mais plutôt d’une évidence. A Copenhague, le vélo est le moyen de transports dominant, le plus rapide, le plus économique et le plus agréable, même en hiver lorsqu’il fait froid et qu’il fait nuit à 15h30. Rosita Crone, une Danoise de l’équipe GoodPlanet, m’a raconté comment elle a grandi dans une famille copenhaguoise qui n’a jamais possédé de voiture. « Rien d’exceptionnel », me dit-elle et « ce n’était pas pour une question d’argent ».
Quelle joie de circuler au milieu des vélos –les vélos sont omniprésents–, de jour comme de nuit, sous le soleil ou sous la neige, de croiser des enfants, bonnets vissés sur la tête, installés à l’avant d’un triporteur, de pouvoir laisser son vélo dans la rue simplement entravé sans craindre le vol, de voir comment les automobilistes et les feux de signalisation se mettent au diapason des cyclistes…
Malgré ma déception liée à l’insuccès de la négociation sur le climat, circuler à vélo dans cette grande ville de plus d’un million d’habitants m’a fortifié. Je suis rentré à Paris convaincu de notre retard, je dirai même de notre sous-développement en la matière mais aussi rassuré : vivre dans une ville sans avoir de voiture n’est pas une utopie.A vélo, la ville est plus belle et la vie aussi !
Yann Arthus-Bertrand
