Vélib'erator
Du Vélib’ aux Fixies
Le Vélib’ et ses cousins ont remis le vélo urbain au goût du jour. Economique, écologique, sportive et émancipatrice, la bicyclette a retrouvé ses lettres de noblesse dans nos villes, pour notre plus grand plaisir. Qu’on se le dise, le vélo, c’est tendance ! Dans la lignée des vélibeurs volontiers étiquetés « bobos », une nouvelle tribu plus marginale a vu le jour. Je veux parler des Fixies. Des quoi ? Les Fixies – ces vélos à pignons fixes… je suis persuadée que vous en avez déjà croisés sur votre chemin. Intriguée par ces drôles de bestioles, je suis allée à la rencontre de leurs adeptes.
Carte d’identité du Fixie
Un Fixie – ou Fixed Gear en anglais est un vélo de course, prévu pour rouler sur piste, et pas vraiment optimal sur route ! Il est en effet dépourvu de freins et de vitesses. On pédale, et il avance. On bloque le pédalier, et il s’arrête. Chose amusante, grâce à son principe de transmission directe, il est même possible de pédaler en arrière ! Contrairement au Vélib’, le Fixed Gear est donc déconseillé aux débutants. Mais ce n’est pas là la seule différence. Très léger, customisable, accessoirisable à l’envi, et… de ce fait, souvent hors de prix, c’ est un objet très personnel et différencié bien loin du vélo partagé.
Au commencement était le Vélib’
Et pourtant ! s’ils ne veulent pas toujours l’admettre, ces cyclistes hype ont parfois été remis en selle grâce au Vélib’. Dans une boutique branchée dédiée au pignon fixe, dans le nord de Paris, ils étaient nombreux samedi à venir admirer les derniers bolides vendus au prix d’un scooter, ou à convoiter la pièce manquante pour tuner leur petite merveille. Lorsque je me présente, évoquant le Vélib’, beaucoup sourient. Le Vélib’ ? « plutôt lourd », « pas assez freeride » , ou « trop gris » ! Je ne me sens pas en milieu accueillant au premier abord. Effectivement, le Vélib’ et le Fixie sont deux mondes différents. Mais au fil de la discussion, je me rends compte que le Vélib’ ne leur est pas inconnu. Antoine, trentenaire énergique au look très étudié me le confie : c’est grâce au Vélib’ qu’il a remis le pieds au pédalier. D’autres m’expliquent que les puristes sont plutôt issus de la tribu des skateurs, mais que le Vélib’ a bien aidé à remettre le vélo au goût du jour « ne serait-ce qu’avec les aménagement cyclables qui l’ont accompagné à Paris. Le changement est incontestable : il y a un avant et un après Vélib’ ». Au-delà du look, l’attitude nous permet tout de même de trouver un terrain d’entente. La liberté, la vitesse de déplacement et le goût pour les itinéraires bis. Même si, c’est incontestable, le cycliste à Vélib’ est bien plus raisonnable. Franck, un habitué du magasin venu récupérer un « kit cadre » rouge pompier dont il est très fier, m’avoue même emprunter un Vélib’ de temps en temps. «Mon Fixie, pour certains déplacements, je préfère le laisser au garage. Je ne voudrais pas courir le risque de me le faire voler… ». C’est sûr, ces petites reines du bitume sont souvent tape-à-l’oeil, jugez plutôt !
Et si comme moi vous n’êtes pas vraiment tentés par les sensations fortes, vous n’avez pas à en rougir. Sur la route, quel que soit votre vélo, la prudence reste une règle de base, afin de ne pas se mettre en danger. Il ne faut pas confondre ville et pistes de vitesse. A Vélib’ ou à Fixies, restons vigilants !
Crédit photos : Pool SingleSpeed / Fixed Gear Bicycles


