Vélib'erator
God save the Vélib’

Arrivée à Londres, j’ai été surprise par le beau temps (si, si, et je ne suis même pas une positiviste météorologique bretonne) et par le Vélib’ à l’anglaise. Je n’ai d’abord croisé que des stations pleines à craquer alors même que le temps pouvait difficilement mieux se prêter à un peu d’exercice en chevauchant la petite reine…
Côté look, rien de particulier si ce n’est la forme du guidon. Au final, une fois en selle, l’écartement des bras ne me semble pas différent de notre cher Vélib’ mais sa forme est d’un style tout à fait différent. Ce guidon a un côté so british : plus en angles et profondeur, il a ce charme distingué et un peu désuet, on imagine un cavalier aux coudes bien serrés le long du corps. A côté notre Vélib’ qui tend les bras a l’air détendu et un peu désinvolte.
Rouler à gauche, le casse tête
Seul vrai défaut selon moi le panier ou plutôt son absence puisque que cela ressemble plus à un porte-revues ouvert aux quatre vents : si vous avez une pochette ou un gros sac, dur de le faire tenir… En tant que touriste, si vous avez une CB, vous pouvez emprunter un vélo à la journée ou à la semaine comme avec Vélib’. Vous avez alors accès aux quelques 5000 vélos répartis dans les 315 stations du centre de Londres. Par contre, comme on le rappelle sur les bornes : n’oubliez pas de rouler à gauche ! C’est à mon sens ce qu’il y a de plus compliqué, ayant déjà un peu du mal aux passages piétons pour ma part (par contre l’automobiliste est courtois et s’arrête sans souci).
Love actually

C’est dans le quartier de Nothing Hill (Hugh !!!) que j’ai eu l’impression de revivre les débuts de Vélib’. Dans Kensington Gardens, les gens s’entraidaient à la borne, chacun conseillant les autres sur la marche à suivre. Pas si facile, les premières fois, d’apprendre à emprunter son vélo !
J’ai ainsi rencontré Jennifer. Elle et son amie empruntaient des vélos pour la deuxième fois seulement. Jennifer « adore le principe » des vélos en libre service. Pour elle c’est un moyen de se déplacer « gratuit ou très peu cher puisque cela ne coute qu’une livre » de s’abonner pour la journée, la première demi-heure étant gratuite. Jennifer explique qu’elle et son amie sont toutefois en train « de lutter pour emprunter » le deuxième vélo… Mais elle est ravie quand même.

Plus loin, William est déjà lui un habitué ! Certes, il n’utilise le système que les week-ends et pas pour travailler, mais il a adopté le principe depuis quatre mois. Il change parfois de vélos au bout de trente minutes pour ne pas avoir à payer la livre que coûte une location d’une heure… Impossible de savoir combien de temps il faut attendre pour relouer et s’il existe notre système pour changer de vélo dans les deux minutes quand on constate unsouci technique. Les débuts sont toujours un peu compliqués. « Pour être honnête cela ne marche pas encore parfaitement » confie William. Par contre, pour ce qui est de la circulation à vélo dans Londres, aucun problème pour William. S’il regrette un peu que cela ne soit pas comme à Oxford où « tout est conçu pour le vélo », à Londres il faut partager l’espace avec les autres usagers et surtout les voitures (il n’y a presque pas de scooters et motos) mais ce cet apprentissage est peut-être une bonne chose selon lui.
Je trouve que le système ressemble pour beaucoup au Vélib’, ce qui n’est pas très étonnant puisque Boris Johnson et son équipe sont plusieurs fois venus observer le système parisien ! Selon moi ce sont plutôt les prix qui divergent : 45 livres pour un abonnement annuel et des trajets de 30 minutes gratuites et surtout des cautions très salées : 150 livres pour un « late return », c’est-à-dire au-delà de 24h de location (facturées 50 livres) et jusqu’à 300 livres pour les éventuelles réparations dont vous seriez rendus responsables et 300 livres si vous ne rendez pas le vélo ou qu’il est volé… Ouch !
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