Vélib'erator

Le Comité des usagers chez JCD à Cachan

Mardi après-midi, le comité des usagers était invité à découvrir les ateliers Vélib’ de Cachan, également siège de la régulation parisienne… Sylvie, Emmanuelle, Dominique, Pascale, Élisabeth, Élodie, Lise, Baptiste et Pierre avaient pu faire le déplacement.

Le site de Cachan est l’un des quatre ateliers de réparations des Vélib’ et « base arrière » des techniciens de terrain. Les types de réparations auxquelles ils sont confrontés sont très variables et ainsi les compétences des équipes de terrain ne sont pas du tout les mêmes que celles des mécaniciens atelier. Les Vélib’ renvoyés en atelier sont ceux pour lesquels des interventions plus lourdes sont nécessaires.

En atelier : les chirurgiens du Vélib’

Quand les vélos entrent à l’atelier, c’est que les techniciens de terrain n’ont pas pu effectuer sur place les réparations nécessaires et ont dû rapatrier les vélos. Dans chaque panier, les mécanos trouvent une fiche de signalement précisant le numéro d’identification du vélo, de l’équipe qui l’a récupéré et si le vélo a été récupéré en station ou dans la nature. A la demande d’Emmanuelle je précise une astuce que nous avions apprise sur le site de Saint-Denis : une couleur de pince à linge propre à chaque équipe et camion permet d’identifier plus rapidement l’origine des vélos et ainsi d’établir plus facilement des correspondances entre les vélos, leurs numéros et leur statut dans le système informatique.

 

 

Chaque vélo passe en moyenne deux fois par an en atelier. Quand ils en ressortent, ils sont comme neuf ! Les mécaniciens peuvent s’il le faut démonter entièrement un vélo pour changer son cadre (il faut alors compter deux bonnes heures de travail). Tout ce qui doit être réparé est réparé avec les pièces détachées Vélib’ (près de 600 références spécifiques).

 

Les 15 point clés de sécurité, technique et esthétique sont systématiquement contrôlés. Il s’agit, en matière de sécurité (5), de vérifier : antivol et clé, feux, pneumatiques, freins, sonnette. Points techniques (6) : fourche, chaine, dérailleur, lame et transpondeur, pédalier, moyeux. Aspects esthétiques (4) : carters, selle, panier, stickers guidons et numéros de vélo.

<A noter : les freins et leurs gaines sont changés tous les 6 mois, le mois de remplacement étant inscrit sur chaque vélo. J’ai appris que les carters, ces pièces de plastiques qui recouvrent le guidon notamment, servent à masquer tout le dispositif pour éviter que quelqu’un les répare ou sabote. La petite touche en plus en sortie d’atelier : le rotoluve, une invention JCDecaux – technique et appellation ;-) qui nous a séduite. Sorte de pédiluve pour les vélos (le rail ci-contre) dont les roues ressortent brillantes et les rayons scintillants !

Les techniciens de terrain : des touche-à-tout

Tous les matins, chaque technicien de terrain part faire la tournée de son secteur attribué, comportant de 6 à 20 stations selon le nombre de vélos, leur fréquentation et ainsi le nombre de réparations attendues. Il doit avoir couvert toutes les stations dont il a la charge dans les 48h. Tous les soirs, il remplit ses fiches de réapprovisionnement pour ne jamais manquer des pièces dont il peut avoir besoin.

Bon à savoir, l’astuce de la selle retournée pour signaler que le Vélib’ que l’on vient d’emprunter à un problème est aussi une véritable indication pour le technicien. Il va alors creuser pour chercher l’erreur si celle-ci n’est pas évidente (un problème avec les vitesses par exemple).

Les équipes de terrain sont « la force de frappe » Vélib’ : crevaison, pédale, chaine, de multiples petits problèmes qui rendent un vélo inutilisable ne sont pas longs à réparer sur le terrain. Lorsque ce n’est pas possible, le technicien bloque le vélo sur son point d’attache : il ne peut plus être emprunté et sera ramassé dans la journée par un camion Vélib’. A noter : un vélo « refusé » cinq fois de suite, c’est-à-dire reposé immédiatement par celui qui l’a loué, est automatiquement bloqué sur son point d’attache et signalé pour réparation. Vos représentants ont demandé que le signalement soit automatique au bout de trois refus.

Si les techniciens de terrains sont parfois moins calés que les chirurgiens des ateliers, ils ont également d’autres casquettes : des compétences électroniques et informatiques pour diagnostiquer et réparer les problèmes des bornes elles-mêmes. Elles renferment en effet un écran, un ordinateur, un lecteur de carte bleue, un transformateur, des modems, cartes SIM, etc, autant de composants qui nécessitent quelques connaissances… Si un « défaut majeur » de station est signalé, une station déconnectée du réseau typiquement, les techniciens se détournent de leur tournée pour trouver une solution.

 

 

Les nouvelles bornes

La déconnexion peut être liée à une panne électrique, à un ordinateur qui meurt de sa belle mort (une dizaine sont changés toutes les semaines environ) mais aussi à une saturation du réseau de téléphonie. Les bornes Vélib’ communiquent leurs données via des antennes relais qui ont des capacités finies. Or avec la multiplication des smartphones, des phénomènes de saturation sont possibles (au point que certains opérateurs veulent revenir sur l’illimité…)

JCDecaux a plusieurs contrats avec différents opérateurs dans tous les quartiers pour garantir une bonne couverture. Ainsi lorsque le réseau d’un opérateur est saturé, on a encore la possibilité de « basculer » sur le réseau d’un autre. Mais c’est alors ce réseau là qui risque la saturation à son tour. 99,4% du temps le réseau des 1 200 stations est connecté sans problème ce qui représente une couverture remarquable soulignait Grégoire Maes, directeur d’exploitation Vélib’ qui menait la visite. Si JCDecaux est informé évidemment en temps réel des déconnections de stations, elles n’apparaissent ni dans la cartographie interactive du site Vélib’ ni sur celles des applications mobiles. A l’époque, il n’avait pas été imaginé que ce développement pouvait présenter un intérêt.

A noter, les nouvelles bornes devraient entrer en service fin 2011 ou début 2012 et non comme prévu dès cette rentrée. JCDecaux a choisi de demander son avis à la DGCCRF, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, celle-ci bénéficiant d’une expertise très appréciable. Suite à leurs suggestions et notamment dans l’ordre et la clarté des messages informant le consommateur, il a été décidé de retarder la nouvelle version des logiciels des bornes pour intégrer les remarques.

Quelques nouveautés intéressantes… S’il n’y a plus de tickets imprimables, cela sera précisé très tôt à ceux qui achètent un abonnement de courte durée et le numéro d’abonné temporaire généré sera inscrit à l’écran. Il pourra ainsi être noté alors qu’aujourd’hui on ne peut le connaître et donc emprunter… Sachez qu’actuellement si vous achetez un abonnement de courte durée et que vous ne faites aucune location, l’abonnement ne vous est pas facturé.

Des écrans de veille permettront de diffuser des informations : stations fermées pour cause de manifestations, les différents abonnements, les points clé de sécurité, etc. Du point de vue de la navigation dans la carte interactive des stations alentours, une dizaine de stations autour (contre cinq aujourd’hui) seront visibles à l’écran avec une indication claire, pour chacune d’elles, du nombre de vélos et points d’attache disponibles. Les techniciens pourront s’identifier, bloquer et signaler automatiquement les vélos problématiques.

Pour joindre Allo Vélib’ depuis la borne, un message montrera clairement avec des flèches où sont situés le micro et le haut parleur et préciseront les raccourcis sur le clavier pour augmenter ou baisser leurs volumes sonores respectifs. Une suggestion de vos représentants : des prises casques pour mieux s’isoler du bruit ambiant. Du côté des plans papier, pas de changement prévu notamment sur le centrage autour de la station (une demande de vos représentants). L’avenir pour JCDecaux n’est pas dans des plans uniques papier pour chacune des 1 200 stations mais plutôt dans les écrans interactifs des abribus sur lesquels ils travaillent actuellement…

Régulation : le cercle vertueux

Vos représentants ont ensuite pu visiter « le poumon » Vélib’ : le centre de suivi et d’analyse de la régulation des vélos. En fonction des besoins, de l’analyse des stations pleines et vides, et ce à l’échelle d’un quartier, les tournées des agents de régulation sont adaptées.

 

Le mois de septembre a établi un nouveau record : 3,5 millions de locations soit quasiment 120 000 par jour alors que le précédent record était celui du mois de juin 2011 où 3,3 millions de déplacements à Vélib’ avaient été dénombrés. La fréquentation a augmenté de 20% par rapport à 2010. Si bien que les efforts de régulation (on régule 25% de vélos en plus) ne sont pas forcément perceptibles. Mais sans eux, la situation se serait dégradée. Pour Grégoire Maes, mieux on régule plus on contribue à générer de nouvelles locations et il y a ainsi « un cercle vertueux » qui paradoxalement atténue les effets bénéfiques des efforts consentis. Pour autant, l’objectif n’est pas de se contenter de la situation actuelle.

Les informations échangées avec les représentants (Emmanuelle qui analyse notamment les stations de son quartier) et sur le blog sont précieuses tant les facteurs sont multiples : le temps qu’il fait, mais aussi des mouvements imperceptibles. L’un des enseignements de l’étude réalisée par un ingénieur en 2011 a été notamment de définir des modèles et de les comparer aux réalités et à la connaissance du terrain des agents régulateurs. Il ne s’agit pas seulement de jouer le rôle de pompiers intervenant quand les stations sont déjà pleines ou vides mais d’anticiper les saturations. Certaines stations se vident ou remplissent plus lentement que d’autres. Je vous propose de revenir la semaine prochaine en détail sur la régulation, les enseignements de cette étude et le fonctionnement de la régulation. Le sujet est trop complexe pour le résumer ici en quelques lignes. Alors n’hésitez pas à posez vos questions !