Vélib'erator

Le comité des usagers se renouvelle

 

Après un peu plus d’une année d’existence, de nouveaux représentants des usagers Vélib’ ont rejoint le Comité d’utilisateurs passionnés qui portent haut les couleurs du Vélib’. La première réunion rassemblant les membres ayant accepté de prolonger leur mandat et les nouveaux représentants avait lieu hier au soir, à la Mairie de Paris.

Partage d’expériences

Instance consultative mise en place par la Mairie de Paris, le comité des usagers Vélib’ rencontre régulièrement les représentants de la ville et de JCDecaux afin de témoigner de leurs expériences et de celles qu’ils recueillent sur le terrain et de contribuer, à travers leurs propositions et idées, à améliorer le service Vélib’. Sur la proposition des représentants, il avait été décidé que seule la moitié des sièges soient renouvelés et les mandats portés à deux ans pour que les « anciens » puissent faire bénéficier les « nouveaux » de l’expertise qu’ils ont pu acquérir au fil des ateliers et visites thématiques en 2010-2011.

Hier au soir, Bruno, Thomas, Élodie, Emmanuelle, Isabelle, Pierre, Mathieu et Pascale, les huit « historiques » ou « initiés » se sont ainsi présenté, les « nouveaux » qui avaient pu être présents hier au soir se prêtant au même exercice. Nous avons ainsi fait connaissance avec Baptiste, Stéphane, Lydie, Dominique, Élisabeth, Emmanuel, Aubin, Sylvie et Lise.

Des nouveaux mais pas des bleus !

S’ils découvraient le comité des usagers et son fonctionnement, les « nouveaux » ne sont pas des bleus lorsque l’on parle de Vélib’ ou de vélo…

Élisabeth, 35 ans, ne se déplace qu’à Vélib’, en toute circonstance, pour aller travailler, sortir, faire des courses et même lorsqu’elle part en voyage, un sac à dos sur le dos, un autre dans le panier. Elle a eu longtemps un vélo personnel mais avait trop de problèmes et notamment dès qu’elle avait besoin de faire des réparations… Elle souhaitait devenir représentante pour relayer les problèmes mais aussi « continuer à expliquer les avantages du système aux personnes qui en ont peur ou ne le connaissent pas bien ». Une ambassadrice Vélib’ de plus !

Baptiste, 31 ans, utilise Vélib’ depuis sa création. Il a abandonné le métro au profit du Vélib’ pour tous ses trajets domicile-travail (Paris 7eme – Paris 16eme) d’autant qu’il n’a jamais de problèmes pour trouver des vélos dans ces quartiers. Il a souhaité être représentant car il tient à Vélib’ et pour contribuer à améliorer les choses. Se définissant comme un « utilisateur frénétique de Vélib’ (121 trajets pour un temps cumulé de 20h26 les trois dernières semaines précédant sa candidature !) », il considère que son rôle de représentant des usagers est d’être le vecteur du « vécu des utilisateurs du service, tant pour les aspects positifs que négatifs » et également d’informer les utilisateurs ou futurs utilisateurs, notamment à travers le blog. Vous devriez-donc repérer bientôt sur le blog un « Baptiste-co », manière dont vos représentants se signifiaient en commentaire.

Dominique est une cycliste aguerrie : il y a au moins 40 ans qu’elle fait du vélo dans Paris. Elle utilise Vélib’ depuis son lancement mais n’a pas pour autant abandonné le métro puisqu’elle travaille en banlieue, au delà de la première couronne et ainsi sans stations Vélib’ à proximité immédiate. Elle a confessé, non sans humour, avoir aussi… une voiture ! Dominique l’utilise même de temps en temps. Elle est ainsi sensible à la question de la cohabitation des vélos et des voitures et plus généralement à la question du partage de l’espace public.

Emmanuel, 30 ans, est un adepte de Vélib’ depuis 2 ans. Lui qui est souvent dans le 19eme vers télégraphe où trop souvent « il y a plein de stations mais pas de Vélib’ » est sensible à la question de la régulation. Dans sa candidature, il insistait notamment sur la réflexion à mener sur des pistes incitatives nouvelles pour ces quartiers en hauteur où malgré les minutes gratuites offertes ou les remontés par véhicule, les stations se vident encore trop rapidement. Et pourquoi pas lier Vélib’ à des sorties culturelles ?

Sylvie est une cycliste : à Strasbourg ou La Rochelle où elle a vécu, elle se déplaçait beaucoup à vélo et a adopté Vélib’ depuis qu’elle vit à Paris. Habitante du 18eme arrondissement de Paris, elle est également confronté à la question des vélos en hauteur. Mais elle confesse ne pas toujours remonter les vélos ! L’avantage de Vélib’ est clairement pour elle que, contrairement à un vélo personnel, elle n’a plus à se soucier de ramener le vélo chez elle… C’est aussi le plaisir d’aller plus vite que les voitures, une sensation de liberté, un plaisir de partager des trajets avec des amis, etc. Pour améliorer Vélib’, il faut travailler sur la régulation mais elle juge également qu’il faut accompagner les débutants, la pratique du vélo en ville nécessitant d’acquérir selon elle quelques bons réflexes et habitudes.

Aubin, 23 ans est passé à Vélib’ depuis février dernier mais n’est pas pour autant un novice. De part ses études il a ainsi testé les systèmes de vélos en libres service de Nantes et Lyon. Il apprécie notamment dans Vélib’ et ces systèmes le fait que les utilisateurs forment une communauté qui partage souvent les mêmes envies, rencontre les mêmes problèmes, ressent les mêmes sensations sur son deux roues. Il souhaite notamment en tant que représentant être le porte-voix des impressions qu’il recueille sur le terrain et auprès de ses proches et contribuer à développer cette communauté d’utilisateurs.

Lise, est une psychologue de 28 ans qui vit en banlieue mais dont la vie est sur Paris et, depuis mai, à Vélib’. C’est un moyen de se déplacer qu’elle juge à la fois pratique pour éviter des correspondances, agréable pour se balader le week-end, écologique, économique et sportif. Elle considère que le rôle d’un représentant est à la fois de témoigner mais aussi en tant qu’instance consultative, de réaliser un « travail de réflexion et de proposition en équipe en fonction du vécu des usagers lors de leur utilisation du système Vélib’, qu’il soit occasionnel ou régulier ».

Stéphane, est un cycliste de la première heure puisqu’il roule en vélo dans Paris depuis maintenant 15 ans. Vélib’ est ainsi un peu son « 74eme vélo » environ, les 73 premiers ayant eux-mêmes été approprié par d’autres, plaisante-t-il. Nouvel habitant de Saint-Ouen, il se déplace beaucoup sur Paris. L’un des sujets qui lui tient à cœur est le déploiement du système aux villes limitrophes. Il insistait dans sa candidature sur la liberté de se déplacer que Vélib’ créait, supprimant les frontières et sans dépendre des horaires des transports en commun…

Lydie, 35 ans vit et travaille à Montreuil dans le milieu du spectacle vivant. Elle utilise donc exclusivement Vélib’ pour sortir – et cela lui arrive souvent de part son métier – et ainsi pour des trajets « Montreuil-Paris by night ». Simplement parce que c’est un moyen de se déplacer « plus sympa, qu’on va plus vite ». Elle estime que Vélib’ est « une vraie alternative à la voiture » en ville, qui plus est « quasi gratuite » et notamment « quand les réseaux de transport en commun sont saturés ». Le passage à Vélib’ a été facile pour elle qui se déplaçait à vélo dans Paris depuis 20 ans, à roller depuis 25 ans !

Ages, expériences, priorités, ces nouveaux représentants et ceux que vous avez déjà appris à connaître ont tous des personnalités et aspirations différentes mais partagent bien une envie : améliorer et défendre Vélib’. Hier au soir, une première présentation du rôle du comité et du fonctionnement de JCDecaux a permis aux « nouveaux » de se mettre dans le bain mais surtout à tous de se rencontrer. Si j’en juge par l’ambiance chaleureuse, le comité va travailler dans de bonnes conditions cette année encore. Avant de se retrouver entre eux pour prendre le temps d’échanger sur leurs priorités et chantiers à venir, de nombreux représentants des usagers seront bénévoles au quatre points de départ de la Vélibienne ce dimanche, de même qu’Anne-Sophie et moi-même. Et tous se retrouveront à l’arrivée. Une occasion de venir nous rencontrer…