Vélib'erator
Le Vélib’, un moteur d’économies ?
La Fédération française des Usagers de la Bicyclette (Fubicy) a consacré une journée d’étude au « vélo, un moteur économique » à l’occasion de son congrès annuel du printemps dernier. J’ai donc cherché à savoir si Vélib’ et ses cousins étaient eux aussi des moteurs économiques. Quelques éléments de réponse avec Christophe Raverdy, président de la Fubicy.
Moteur de l’économie et d’économies
Cette journée d’étude de la Fubicy a notamment permis de présenter aux représentants des 160 associations cyclistes membre de la fédération les résultats de plusieurs études et notamment l’enquête d’Atout France, agence de développement touristique de la France, sur l’économie du vélo.
Quand on lui demande ce que recouvre cette question du « vélo, moteur économique », Christophe Raverdy précise qu’il s’agissait aussi bien de parler de l’activité économique générée par les cyclistes (tourisme, industries ou commerce de cycles : 4,5 milliards d’euros de retombées économiques!) que des économies « très substantielles » qu’ils permettent de réaliser. « Au total, le chiffrage dépasse les 6 milliards d’euros » souligne-t-il…
6 milliards économisés…
En effet, comme je vous le disais la semaine dernière via le quizz de l’économie, on estime qu’on économise ne serait-ce qu’en dépenses de santé 5,6 milliards d’euros par an ! Obésité et toutes les pathologies qui en découlent, maladies cardio-vasculaires, « on diminue par deux son risque cardiaque » rappelle le président de la Fubicy, faire du sport permet de rester en bonne santé. « Aujourd’hui le vélo représente 3% des déplacements ; si on atteint les 10%, les économies réalisées seraient considérables » souligne-t-il, et le déficit de la sécurité sociale pourrait même être de l’histoire ancienne…
… dont 5,6 en dépenses de santé !
Le calcul des économies potentielles est même en dessous des réalités quoique très sérieux. A partir des méthodes et évaluations de l’Organisation Mondiale de la Santé, on estime que chaque kilomètre parcouru correspond à une économie de 1,21 € en dépenses de santé évitées.
Étant donné que l’enquête nationale sur les transports et déplacements 1993 -1994 évaluait à 4,4 milliards le nombre de kilomètres parcourus annuellement à vélo en France, on obtenait une économie de 5,6 milliards. Or on peut supposer que depuis la pratique a encore progressé et, avec elle, les économies de santé associées.
Impact réel du Vélib’ et de ses cousins
« Chaque kilomètre parcouru à vélo rapporte de l’argent » explique Christophe Raverdy, « les collectivités ont intérêt à ce que la pratique cycliste se développe ». Les vélos en libre service comme le Vélib’ « ont un impact réel sur le bien-être de tous mais aussi en terme de pollution, de diminution du stress, d’usure de la voirie », au final « c’est l’état de santé de toute la population qui s’améliore » quand la pratique du vélo croît.
Au moins 145 millions d’après mes estimations !
Les vélos libre service ont l’avantage d’inciter certains à se remettre au vélo et à l’utiliser pour leurs déplacements quotidiens. Puisqu’on estime à 120 millions le nombre de kilomètres parcourus sur des Vélib’ ou leurs cousins en France tous les ans, d’après mes calculs, nous permettrions donc collectivement d’économiser 145,2 millions d’euros de dépenses de santé !
Vélos en libre service (VLS) : question d’échelles
Par contre, étant donné que le coût moyen des systèmes de vélo en libre service (VLS) est estimé à 2000 à 3000 euros par vélo et par an (investissement et coûts d’exploitation et de maintenance) par le GART (groupement des autorités des transports), cela n’est viable que dans les grandes villes. Pour Christophe Raverdy, il faudrait alors envisager d’autres formes avec plus de « responsabilisation des usagers » : des locations de longue durée, quelques points relais et non un réseau de stations automatisées accessibles 24h sur 24, etc.
Vélib’ et VLS, dans les grandes villes
Malgré le coût élevé de ces systèmes, le Commissariat général du développement durable (Ministère de l’Ecologie) estime lui aussi dans son étude « les coûts et les avantages des VLS » que le bilan socio-économique des coûts et bénéfices liés aux VLS (santé, environnement, décongestion du trafic, etc) est équilibré et particulièrement intéressant pour les grands réseaux comme Paris ou Lyon où chaque vélo est utilisé au moins 5 fois par jour. Pour des agglomérations de plus petites tailles, cet équilibre serait plus difficile à atteindre.
Jeu-concours Fubicy jusqu’au 30 novembre : Mon vélo bien équipé, c’est gagnant !
Jeu-concours national gratuit organisé par la FUB pour sensibiliser les usagers actuels et futurs à l’importance d’un vélo de qualité, bien équipé et bien sécurisé. A gagner : 15 vélos de ville, des antivols, des sacoches et paniers, des gilets fluo et des pinces à vélo, des équipements d’éclairage, des accessoires et des chèques cadeaux…