Vélib'erator
Les Vélib’ et les bobos, c’est une grande histoire d’amour !
En se démocratisant, le vélo est entré dans le quotidien d’une ville en pleine boboïsation, au point de devenir un des symboles de ce phénomène.
Risquons nous à paraphraser Barbara : notre plus belle grande histoire d’amour, c’est vous. Comme les bobos ne peuvent pas s’empêcher d’être les premiers à tout essayer, ils ont pris un abonnement annuel dès le lancement du service, en juillet 2007. Comme les Lyonnais avant eux, les Parisiens ont vite adopté massivement ce mode de transport parfaitement adapté à leurs vies d’urbains dynamiques qui enchaînent une expo rive droite, un ciné rive gauche et une bière avec des potes sur les quais de Seine avant de rejoindre Pigalle pour une soirée chez Moune et rentrer dormir à la Butte aux Cailles.
Pour s’en rendre compte, il suffit de se poser un instant sur une terrasse du Canal Saint-Martin (d’où cet article a été écrit !), pour voir passer des dizaines de Vélib en file indienne. Et, comme par hasard, les conducteurs ont tout l’attirail des parfaits bobos : des jeans serrés et, sous de gros pulls en laine bariolés, des chemises en chambray boutonnées jusqu’en haut pour les hommes ou des tops colorés pour les filles ; des casques dans lesquels ils écoutent des groupes de rock ou d’électro aux noms anglais absurdes. Au cas où cette belle série de clichés ne vous ait pas totalement convaincu : voici un argument imparable. Dans quels quartiers trouve-t-on le moins de Vélib’ disponibles ? Et bien aux Batignolles, à Gambetta, rue des Martyrs et à Oberkampf ! Vous voyez !
Faire du vélo est devenu cool. Mais même entre cyclistes, il y a une hiérarchie dans la branchitude. Les plus hypes ont investi dans leur propre vélo : soit dans un modèle ancien, très vintage, soit dans un fixie (ces vélos très légers et parfois sans freins), qu’ils ont choisi dans un colorie bien flash. Ces cyclistes-là snobent un peu la masse de vélibiens, qui peinent à avancer avec leurs lourdes machines… Trop mainstream pour être aimables.
Mais le plus amusant dans cette mode du vélo, c’est qu’elle a modifié la ville. Et je ne parle pas des bornes Vélib qui ont poussé à chaque carrefour de la capitale. Non, hier en pédalant rue de la Roquette, j’ai remarqué qu’à force d’emprunter toutes les rues à contre sens, la ville a fini par adapter sa signalisation aux vélos. Tous les panneaux « sens interdit » sont désormais suivis d’un « sauf vélo ». Cette évolution est assez emblématique de la liberté et d’un certain je-m’en-foutisme que chérissent les bobos qui vivent en se foutant bien des autres. In fine, ils imposent toujours leur façon de vivre (et de conduire) à l’ensemble de la société.
Benoit & Bixente (bobos de merde)
Retrouvez l’auto-dérision des BOBOs de merde sur leur blog : www.bobodemerde.com
