Vélib'erator

Point d’étape avec Annick Lepetit

Vos représentants avaient rendez-vous avec Annick Lepetit, députée de Paris, adjointe au Maire de Paris chargée des déplacements, des transports et de l’espace public, pour un point d’étape ce lundi 30 mai 2011, un an après la création du Comité des Usagers Vélib’. Étaient présents : Laure, Françoise, Pascale, Emmanuelle, Elodie, Isabelle, Samuel, Pierre, Alexandre, Tom4 et Bruno.

Un comité extrêmement utile

L’élue a tenu a remercier vos représentants pour le travail « extrêmement utile » qu’ils accomplissent ainsi que les responsables de JCDecaux et personnels de la ville impliqués. Elle s’est félicitée de l’augmentation tant du nombre d’abonnés que de celui de locations, signe que toutes les « observations, critiques, remarques ont été en tout cas en partie entendues et des réponses, pas toujours simples, apportées ». Il reste des choses à corriger mais « Vélib’ est une histoire qui s’écrit tous les jours  » a souligné l’élue.

Représenter les usagers

Samuel a présenté un bilan d’étape de l’action des représentants. En un an vos représentants estiment avoir eu «  de riches échanges avec les services de la Mairie de Paris et de JCDecaux » certes « parfois teintés de déception, parfois dû aussi à notre impatience ». Une dizaine de réunions et d’ateliers thématiques plus tard, une centaine de propositions ont été faites, certaines réalisées, d’autres à l’étude ou écartées.

Deux représentants, Pierre et Isabelle, siègent au comité vélo de la ville. Ils y représentent les usagers Vélib’ et y tissent des liens fructueux, organisant des rencontres avec la Préfecture, la SNCF ou prochainement la RATP, mais aussi à moyen terme le STIF, le Certu, la Fubicy, etc.

Pierre a précisé qu’ils avaient pris des contacts à Lyon et Strasbourg mais, qu’à ce jour, ce comité des usagers était le seul en France… Il a d’ailleurs remercié la Mairie d’avoir mis en place ce comité et permis qu’ils représentent les utilisateurs de vélos en libre service, un peu oubliés des associations cyclistes. Des problématiques spécifiques existent pourtant notamment parce que leurs utilisateurs sont souvent peu habitués à la circulation en ville.

Pour un service public Vélib’

Les représentants des usagers sont « foncièrement attachés à ce nouveau concept de déplacement » a souligné Samuel, « convaincus de son utilité, du service qu’il apporte et nous souhaitons continuer à participer activement à son amélioration pour qu’il devienne véritablement un mode de transport incontournable et un véritable service public ». A partir de leurs contacts sur le terrain et à travers ce blog, vos représentants ont estimé que quatre grandes thématiques « primordiales aujourd’hui » nécessitaient des réponses politiques : la régulation, la communication, la signalétique et la sécurité.

Si les représentants sont « conscients que la régulation est un problème compliqué » et ne demandent qu’à comprendre ses contraintes, il faut s’y attaquer insiste Bruno. A certaines heures, des quartiers entiers sont vides de vélos ou trop pleins. Les représentants souhaitent que l’on optimise la régulation en repérant et analysant les flux, les modulations au fil de la journée et en travaillant sur l’existant. Annick Lepetit partageait l’analyse faite pour le Comité par Bruno, soulignant que c’est en effet « le sujet sans doute le plus complexe à régler ».

L’enjeu de la régulation

Isabelle estime que l’on est à « un moment charnière » où Vélib’ est utilisé non pour des balades le week-end mais « un moyen de transport » à part entière y compris pour des déplacements professionnels et que ses utilisateurs ont donc « une exigence » plus forte de continuité du service. Là encore l’élue aux déplacements partageait l’analyse du comité, elle-même constatant dans son quartier qu’il est plus compliqué d’emprunter un vélo en semaine que le week-end alors qu’avec le temps actuel, on aurait pu imaginer l’inverse.

Pierre-Jean Maurel, responsable JCDecaux Paris, a expliqué que si 2010 avait été consacrée à l’amélioration de la maintenance, la priorité est désormais à la régulation. Globalement, à l’instant T seules 4% des stations sont pleines ou vides. On ne peut s’en contenter d’autant que cette situation se concentre parfois à l’échelle d’un quartier. Le relief joue, mais pas seulement. Structurellement, les Lilas ou Bagnolet sont vides quand les vélos se concentrent autour de l’arc de Seine et dans la banlieue Ouest, à Clichy par exemple.

Expérimentations

La réorganisation des équipes a déjà permis d’augmenter le nombre de vélos que les régulateurs peuvent traiter, plus de 3000, dont la moitié déplacés la nuit. C’est d’ailleurs sur cette anticipation que les équipes de JCDecaux travaillent, là où les marges de progressions sont les plus importantes. Un ingénieur est chargé actuellement de définir une typologie des feuilles de route à adopter en fonction des modèles qui se dessinent… L’expérimentation en cours pourrait améliorer la perception que les utilisateurs ont du service et peut-être générer de nouveaux usages. Notons qu’il y a aussi des stations où la régulation se fait naturellement.

Fabienne Vansteenkiste, Adjointe à la maire de Montreuil, chargée de l’espace public et des déplacements, a tenu à préciser que s’il ne fallait pas se contenter de la situation, on ne pouvait pour autant attendre de la régulation qu’elle résolve les « erreurs urbanistiques ». Dans les quartiers et banlieues où il n’y a pas de mixité des fonctions travail et habitat, il n’y a pas de flux de cyclistes qui se croisent et régulent naturellement. Par ailleurs elle juge que « sur le plan énergétique global la régulation par camion ne peut se faire qu’à la marge ».

Une réponse signalétique ?

Annick Lepetit a estimé que la question de l’intermodalité est particulièrement intéressante. L’élue juge qu’il y a probablement un travail à réaliser sur la signalisation de certaines stations notamment à proximité des gares. Pierre a précisé que les représentants ont demandé que les stations Vélib’ soient plus visibles sur les plans de quartier d’autant que les stations autour des gares sont elles mêmes peu visibles. Élodie a renchérit en précisant que les touristes se repèrent sur les plans disponibles dans le métro, aux arrêts de bus et sur les bornes Vélib’ ou sanisettes et que les stations Vélib’ n’y figurent même pas… Le dernier Conseil de Paris a approuvé la convention passée avec la RATP : tous ses plans vont être changés au fur et à mesure pour des versions mentionnant les stations Vélib’.

Vos représentants estiment que la signalisation des stations participe à la gestion des flux de vélos mais aussi à la sécurité, les cyclistes cherchant une station étant moins attentifs. Ils ont ainsi proposé qu’au cas par cas, des logos puissent signaler ou pointer la station la plus proche et peu visible et un travail sur le cartographie à jour des stations et places disponibles.

L’information des usagers

La qualité de l’information des usagers et de la communication est jugée primordiale par les représentants. Le quart d’heure gratuit, les stations bonus, les problèmes de restitution, des informations liées au fonctionnement du système ou le blog sont encore trop mal connus soulignait Emmanuelle. Bonne nouvelle dévoilée ce soir là, sur proposition du comité, tous les courriers préciseront désormais l’adresse du blog Vélib’ et Moi. Les autocollants d’information sur les guidons sur la restitution du vélo, suggérés par le comité, sont mis en place progressivement. De nouvelles version des plaquettes d’information Vélib’ sont en train d’être refaites et devraient partir sous presse bientôt.

Reste à travailler notamment la communication lors des grands chantiers comme celui des Halles par exemple. Une question à laquelle Annick Lepetit est très sensible : la maire-adjointe a expliqué qu’un changement de culture était nécessaire. Aujourd’hui l’anticipation des chantiers amène invariablement la question « où vont passer les voitures ? » sans que la question des vélos et stations Vélib’ soit systématiquement posée.

L’indispensable sécurité

Enfin, dernier thème sur lequel vos représentants souhaitent que des réponses politiques soient apportées : la sécurité des cyclistes. Tom a ainsi listé les aménagements mal utilisés : pistes cyclables protégées dans lesquelles les cyclistes se retrouvent bloqués car des véhicules y stationnent ; pistes cyclables non protégées que des piétons traversent car ils ne les identifient même pas ; « sas » vélo devant les feux dans lesquels on trouve de tout sauf des vélos ; double-sens cyclables pris à contre-sens par des cyclistes ; voies de bus où les taxis klaxonnent et effraient les cyclistes novices ; non respect du code de la route y compris chez les cyclistes qui brûlent des feux ; usagers qui portent des écouteurs et n’ont pas conscience du danger Autant de sujets sur lesquels un partenariat avec la Préfecture et des campagnes de communication sont essentiels, estiment les membres du Comité des usagers Vélib’.

Je ne peux ici rendre compte de la richesse des échanges mais je crois que c’est la réunion la plus productive à laquelle j’ai assisté depuis la création du comité. Un certain nombre de mesures, dont certaines initiées par le Comité, ont été annoncées en mai à vos représentants. Elles sont pour l’instant encore confidentielles, j’y reviendrai dès que possible pour un point d’étape qui fasse justice au remarquable travail engagé.