Vélib'erator
Tourner, un art en devenir

Signaler que l’on tourne aux autres usagers est primordial mais il ne suffit pas de lever le bras à droite ou à gauche. Votre jeté de bras dit quelque chose du cycliste que vous êtes. Certains spécimens sont fréquents, d’autres de véritables espèces en voie de disparition… Et pour certains d’entre nous, nous sommes tour à tour l’un ou l’autre, au gré de nos humeurs.
L’énergique, c’est moi que v’là
Le cycliste énergique se reconnaît à sa dextérité : le geste est précis, franc et exécuté rapidement. En un tour de roue (en 3eme vitesse of course) il dégaine plus vite que son ombre une main bien droite, aux doigts plutôt serrés ; le bras est tendu, à l’équerre avec le buste. Pas de temps à perdre, il se signale, balaie du regard les alentours et tourne. Un chirurgien du virage. Net, précis, sans bavure.
L’artiste, tout en souplesse
Un peu danseur, le cycliste à la fibre artistique déploie son bras en un bel arrondi. Le geste est souple, élégant, gracieux même. La main est détendue, ouverte. Son bras n’est pas franchement tendu. Un pinceau entre les doigts, il vous créerait un Pollock (en moins bien certes mais quand même). Il est plutôt du genre à observer les façades des immeubles aux feux rouges, à mouliner doucement sur les pistes cyclables, en humant l’air du temps, à tourner doucement et à s’arrêter à tous les passages piétons même s’il avait largement le temps de passer sans couper la priorité aux passants.
Le Fonz, la classe, tout simplement
Aux happy days du printemps, le cycliste coolos ressort ses ray-bans (modèle aviateur). Signe distinctif : il a la classe. Quand il tourne à droite ou à gauche, son geste est ample mais en même temps net et précis. Le coude est un peu plié, l’index pointant -semble-t-il négligemment- la direction où ses tours de roues le porte. Le cycliste coolos ne flâne pas mais il se dégage de lui une sérénité et une tranquillité qui en impose. Pas stressé, pas inquiet, il profite du temps tout en se rendant à son rendez-vous suivant. Il tourne, quand il faut, où il faut. Oh yeah.
Le débutant, hésitant
Nous sommes tous passés par là (ou presque). Le débutant se remet en selle, il n’a pas oublié comment faire du vélo mais cela fait quelque temps qu’il n’a pas enfourché une selle. Quand il arrive à un tournant, il réfléchit tellement à tout vérifier autour de lui que son jeté de bras est un peu brouillon. Parfois même on sent qu’il perd un peu l’équilibre, son vélo ne roule plus très droit. Gare aux écarts ! Mon conseil : faites vos premiers tours de roues sur des pistes cyclables ou, mieux encore, un dimanche sur les voies sur berges, fermées à la circulation motorisée.
Tous des sémaphores pour être bien vus !
L’essentiel être d’être bien vu : nous n’avons pas de clignotants aussi il nous appartient de signaler nos changements de directions aux autres pour qu’ils ne soient pas surpris. Petites précautions supplémentaires :
- * établir autant que possible un contact visuel avec les automobilistes, deux-roues, passants ; * ne pas hésitez à user de sa sonnette sans agressivité, peut-être en y ajoutant un « pardon » plutôt qu’un « dégagez le passage » aux piétons qui se sont perdus sur une piste cyclable (Paris est une jungle urbaine paraît-il) ;
* la nuit, jouer à fond la carte luciole en adoptant des tenues claires et en les accessoirisant aux couleurs fluorescentes : arborez par exemple fièrement un brassard clignotant et réfléchissant et / ou un brassard cinq diode Vélib’ (ci-contre, testé et adopté par moi). Ils sont désormais en vente partout et notamment dans 40 Franprix en Ile-de-France et même… à Cannes ! Y’a plus qu’à faire votre star !

